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Il présente le travail d'Eryck, un photographe français.

Éloge de l'ombre | Eryck

Pour comprendre l'esthétique japonaise, il faut d'abord s'asseoir avec *In'ei Raisan* — *Éloge de l'ombre* de Tanizaki Jun'ichirō.

Les Japonais n'exposent pas facilement ce qu'ils ressentent.
La sexualité a longtemps été considérée comme quelque chose à dissimuler, pourtant cette dissimulation a donné naissance à un érotisme propre.
Résistance au nu.
Une aisance avec l'ambiguïté.
Ce ne sont pas des contradictions — c'est le vestige de siècles, ancré dans la sensibilité.

La photographie porte cet héritage.
L'accent mis sur la connaissance, la règle et la précision technique produit des images qui sont, sans aucun doute, belles.
Mais la beauté seule n'est pas la question. Il n'existe pas de photographie correcte.

Quelque chose remue sous la surface ?
Y a-t-il une émotion que le cadre ne peut pas tout à fait contenir ?
L'image demande-t-elle quelque chose à la personne qui la regarde ?

Les photographies d’Eryck, rencontrées à Paris, abordent ces questions par l’autre bout.
Ses photographies sont instables — et c'est précisément dans cette instabilité que réside la beauté.
Il tire comme par instinct, dépassant ce qu'il connaît pour atteindre quelque chose qu'il ne peut nommer.
Que ce soit intentionnel ou une découverte n'est peut-être pas le propos.
Ce qui reste est une obscurité qui ne peut être réduite à un seul mot.
Cela m'attire — peut-être est-ce simplement cela, voir à travers des yeux japonais.

Chaque fois que je regarde ses photographies, je me surprends à revenir à un passage de Tanizaki Jun'ichirō :

“Nous trouvons la beauté non pas dans la chose elle-même, mais dans les jeux d'ombres, la lumière et l'obscurité, que cette chose crée en contraste avec une autre.”


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